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>>Investigation, création et patrimoine musical en Amérique latine en 2010



Paris, juillet 2010

Dans son numéro 81, Le Journal du Conservatoire rend compte longuement de l’avancement de certaines des activités du projet.
C’est d’abord pour des étudiants de la classe d’improvisation générative et de celle de l’histoire de la musique l’occasion de narrer avec émotion comment ils ont vécu leur rencontre avec la Orquesta de Instrumentos Autóctonos y Nuevas Tecnologías dirigé par Alejandro Iglesias Rossi. Le 17 décembre 2009, en route pour un festival au Sahara, ils avaient tenu tout particulièrement à être là pour témoigner également de leur profond désir d’échange après leurs derniers concerts à la Maison des Cultures du Monde. La direction de celle-ci ne leur avait-elle pas interdit d’aller rencontrer gracieusement la classe d’ethnomusicologie du Conservatoire au motif que c’était elle qui avait rendu possible ce voyage vers la France ?

Bruno Messina, professeur d’ethnomusicologie, raconte ensuite son plaisir de retrouver Alejandro Iglesias Rossi et ses musiciens et étudiants "un peu comme on retrouve une famille qu’on aime", avant de dire la manière dont furent reçus ses cours en Argentine et au Chili, non seulement par les étudiants en musicologie, mais aussi -ce fut pour lui une surprise-, ceux d’anthropologie de l’Université du Chili. Les leçons furent alors consacrées au paysage sonore de Santiago, preuve supplémentaire de la force et de l’efficacité de l’improvisation parfaitement maîtrisée dans le domaine de la musique.

Paris, mars 2009

Les 12 et 13 mars 2009, les solistes de l’Ensemble Fronteras del Silencio, avec à leur tête Alejandro Iglesias Rossi, se sont produits à Paris dans le cadre du Festival de l’Imaginaire organisé par la Maison des Cultures du Monde. Alejandro Iglesias Rossi, internationalement reconnu et auquel John Cage a dédié une pièce en 1988, enseigne à l’Université Nationale Tres de Febrero de Buenos Aires où il a créé la "maestria en creación musical, nuevas tecnologías y artes tradicionales", programme unique en Amérique latine et d’où sont issus les musiciens participant à ce concert.

Une musique hybride et théâtralisée, entre des traditions américaines et des créations les plus actuelles ; une myriade de sons portés par un engagement corporel impressionnant ; l’utilisation de lutheries réinventées (flûtes "sikus" ou flûtes de pan ; quenas ou flûtes à encoche ; berimbaos ou arc musical ; occharinas et maracas, pour ne citer que quelques-uns) dialoguant avec musiques électroniques ; une volonté sans faille de partager, d’instruire, de laisser les percussions et les voix transporter l’auditeur dans une verticalité mêlant l’angoisse et l’exaltation.



A l’issue du concert, un peu de Prefalc à travers une rencontre chaleureuse avec les musiciens, en compagnie de Gretchen Amussen, sous-directrice des affaires extérieures et de la communication au Conservatoire de Paris.

Le projet Prefalc "Investigation, création et patrimoine musical en Amérique latine" réunit encore la Universidad estadual de Campinas UNICAMP de Sao Paulo au Brésil, l’Universidad de Chile et la Universidad Academie de Humanismo Cristiano à Santiago, avec du côté français le Conservatoire de Paris (CNSMDP) et l’Université de Lille-III. Dans cet ensemble vivant, chaque pays offre son identité particulière à l’enseignement d’une musique réputée sans frontière, mais pour laquelle les partenaires français proposent des passeurs de grande qualité, comme on peut en juger par les articles parus en page 13 du Journal du Conservatoire, n°78. http://www.cnsmdp.fr/conservatoire/journal/numeros/ConservatoireOpus78_AmeriqueLatine.pdf

Ce projet est issu du réseau RICMA (Red de Investigación y Creación y Música de América) et réunit des musiciens latino-américains, interprètes et compositeurs, ayant effctué des études musicales en France grâce aux bourses du gouvernement français, et dont le questionnement sur leurs propres partimoines a permis de créer de nouvelles approches de la création avec leurs homologues français.

A peine une année que le projet Prefalc a été mis en place, et déjà ressortent des expériences uniques qui devraient connaître des répercussions dans d’autres pays de l’Amérique latine, assurant un rayonnement et affirmant cette volonté de construire ensemble avec le soutien de Prefalc. Car ce projet se caractérise par un enthousiasme partagé par nos partenaires se redécouvrant parfois à travers certains des cours venus de France, comme ceux d’ethnomusicologie, mais surtout avides et heureux de donner à leur tour toute l’étendue de leur savoir et de leur musique.

Revue de presse du concert

France Inter, Emission Et pourtant il tourne  :
« … un concert surprenant. Il y a ici une réelle réflexion sur le concept de "frontière" : la frontière entre modernité et tradition, entre l’Europe et l’Amérique Latine mais aussi sur tout type de frontière, celles qu’on nous impose ou qu’on se met soi-même. C’est pour cela que les membres de l’Orchestre sont compositeurs, auteurs, interprètes et même luthiers. Ce sont eux qui ont réalisé tous les instruments dont se sert l’Orchestre, et ils savent jouer de tous ces instruments indifféremment. C’est d’ailleurs une obligation pour faire partie de l’Orchestre : être un musicien intégral, comme dit Iglesias Rossi...Sur scène, les musiciens dansent en cercle comme lors d’un rituel...et ce qui est très beau c’est comment ils se passent les notes, on a vraiment l´impression que quelqu´un d´entre eux lance la note à l´autre qui la rattrape… Les instruments traditionnels et la musique électroacoustique sont tellement bien mélangés qu´on ne sait plus si on écoute un son sorti de l’ordinateur ou de l’un de ces instruments qui nous font rentrer dans une transe. »

Radio France Info, Emission Quelque part dans le monde (12-3-09). : La Tradition pour vivre la Modernité
« Tradition et modernité lors d’un concert qui ressemble plus à un rituel chamanique qu’à un spectacle… une approche qui séduit en Europe...Parce qu’ils refusent l’idée de frontière quelle qu’elle soit, tous sont auteurs, compositeurs, interprètes et même luthiers et ils sont capables de jouer de tous les instruments de l’orchestre. »

Soir 3, Journal de TV France 3 : (13-3-09)
« Les musiciens argentins ont puisé dans la Tradition Aztèque et Inka, consulté longuement les archives et recréé eux-mêmes les instruments amérindiens, associés à des lutheries électroniques contemporaines … le résultat est surprenant. »

Radio France Culture, Emission Equinoxe (22-3-09). :
« Faire connaissance avec Alejandro Iglesias Rossi, c’est pénétrer dans une écriture musicale hybride entre l’immense richesse des cultures indiennes d’Amérique et les pistes innombrables proposées par les nouvelles technologies. Personnage charismatique aux longs cheveux gris argent, cet artiste profondément engagé pratique un art total du corps et de l’esprit entre mémoire et création.

Journal Le Temps –Tunisie (24-3-09) Quand la musique traditionnelle se mêle aux nouvelles technologies
« Ils sont bien des Argentins qui jouent ces instruments comme ils respirent, avec un naturel inné... Le spectacle fut époustouflant : une timba ardente et percutante, un jeu de scène dynamique à couper le souffle. Ils ont entraîné le public dans une rythmique effrénée...Une manière de faire chavirer les cœurs. Séduisants, ces solistes argentins sont non seulement des musiciens mais de vrais artistes,... Avec des petites calligraphies sonores, ces solistes nous prouvent une fois de plus la légitimité d’une démarche créatrice qui, loin des ruptures, s’inscrit dans le fil des traditions. »

Radio France Internationale, Emission Cultura al día (11-3-09)
« une nouvelle façon d´aborder la musique, du processus de création jusqu´à l’audition de l´oeuvre. »



                        

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