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>>Nouvelle traduction : Pourquoi des masters en Amérique Latine

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Il fut un temps où l’Amérique latine et la France entretenait des rapports intenses, que ce soit dans les affaires ou dans les échanges intellectuels . Si elle est loin l’époque où les banquiers français influençaient la fondation des banques centrales de divers pays du continent américain, témoignant ainsi de leur habileté à soutenir de réelles compétences commerciales de la part d’industriels aussi aventureux que soucieux d’avenir, ils sont encore quelques-uns sur le continent américain à se souvenir de l’incroyable intensité des mouvements intellectuels ou spirituels qui unirent les penseurs et les créateurs des deux côtés de l’Atlantique.
Depuis, quelques-uns de nos anciens pays-partenaires sont devenus des puissances économiques qui comptent assez pour attirer le regard d’autres puissances qui savent compter ou qui vont compter ; ils ont su développer des systèmes culturels et scientifiques de premier ordre, et l’observateur attentif peine parfois à comprendre pourquoi le fil semble s’être distendu, voire rompu, entre ces formidables porteurs d’avenir et nous. Peut-être que certains responsables hexagonaux souhaitent se persuader que les racines que nous avons en commun resteront pour toujours un gage d’union indéfectible, et qu’il n’est plus besoin désormais de les irriguer. Or, ce rapprochement séculaire, cette intimité spirituelle ne doivent pas devenir un handicap face à une volonté accrue de développement et nous rendre sourds à une demande encore renouvelée de croiser nos expériences. La concurrence existe sur place, aussi forte que financièrement soutenue, et il serait vain de s’imaginer que les bonnes paroles suffisent à nourrir des pays et des institutions plus qu’émergents, ou ceux qui peinent encore à assurer leur véritable indépendance.



Le Dr. Jacky Lumarque, recteur de l’Université de Quisqueya, Haïti, évoque ici les responsabilités de la France en Amérique latine


Ils sont sans cesse plus nombreux les responsables universitaires latino-américains à souhaiter que la France les accompagne dans leur démarche vers plus d’excellence, plus d’indépendance. Ne les décevons pas à l’heure où ils voudraient être certains que la fameuse exception française, sa pensée et sa prétention rassurante à l’universalité, sont à même de contribuer à l’épanouissement de cultures régionales originales disposant de tous les atouts de la modernité pour occuper un rang de premier plan dans le monde en mutation.
Or, pour ce faire, n’est-il pas temps de reconnaître l’intérêt qu’il y a à travailler assez en amont à la fabrication de l’excellence ? Le niveau du master ou « postgrado » proposé par Prefalc s’impose comme l’un des plus formateurs car il permet aux étudiants d’accéder assez tôt, d’une part à un mode de pensée et de formation marqué par l’international, d’autre part à des bibliographies en français, ce qui devrait servir de base commode à l’apprentissage de la langue en tant qu’outil de travail. L’expérience acquise montre encore à quel point les masters conjoints aident l’ensemble des professeurs latino-américains et européens à repérer collectivement, et assez tôt, les étudiants qui pourront être suivis au niveau doctoral tout en étant plus facilement intégrés dans leur institution d’origine, limitant ainsi les risques de fuite de cerveaux.
Enfin, il paraît important qu’un programme de l’ambition de Prefalc, par l’aide qu’il apporte à la mobilité de certains professeurs latino-américains vers l’Europe pour des tâches d’enseignement suivi, contribue à mieux faire connaître le niveau de grande qualité atteint par les universités de l’ensemble du continent. Une telle démarche permet également de dépasser le cercle parfois restreint des américanistes et de motiver un peu plus l’envoi de professeurs européens sur une base de compétence disciplinaire, et non plus seulement d’affinité géographique. En facilitant des intégrations croisées au sein d’équipes tout aussi soucieuses de recherche que de formation, ne construit-on pas de façon plus pérenne l’avenir scientifique des nécessaires relations interrégionales ?



                        

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